Faculté de médecine de l’Université de Genève, Cameroun

Programme de santé bucco-dentaire à Mfou

Au Cameroun, comme certainement dans beaucoup d’autres pays africains, la prévalence de la carie est de manière générale très élevée, surtout dans les zones urbaines ou proches d’elles, où les habitudes alimentaires ont évolué et abouti à l’adoption d’un régime riche en glucides favorisant l’apparition de la carie (plus de 70% de prévalence chez les enfants scolarisés entre 4 et 18 ans). Les programmes d’éducation à la santé bucco-dentaire, cependant, sont rares et ne constituent pas jusqu’à présent une priorité en matière de politique de santé.

Le projet que nous exposons ici, financé par la Coopération entre les Facultés de médecine de Genève et de Yaoundé, vise à l’amélioration de la santé bucco-dentaire. Il comporte deux volets, l’un axé sur les soins, l’autre sur la prévention.

Le premier volet est opérationnel depuis 2001 avec l’installation d’une unité de soins dentaires à l’Hôpital de Mfou, ville d’environ 15'000 habitants à 30 km de la capitale Yaoundé. L’unité de soins est gérée par la Section de médecine dentaire de la Faculté de médecine de Genève et par l’équipe médicale de Mfou.

Le second volet, initié en 2002, cherche à sensibiliser les enfants aux problèmes de la santé bucco-dentaire. Il s’appuie sur les structures scolaires (écoles enfantines et primaires), où les enseignants doivent assurer un rôle de formateurs, et sur des structures de prévention déjà existantes: les clubs santé (une structure de dialogue entre l’équipe de santé et la communauté scolaire; chaque école du secondaire et du lycée ont un club-santé, composé de 6 élèves). 12 écoles de Mfou et ses environs sont concernées. Les objectifs principaux sont:

  • donner des informations sur la carie dentaire, ses causes, les facteurs la favorisant, le traitement et la prévention;
  • modifier les habitudes comportementales en matière d’alimentation;
  • enseigner les mesures d’hygiène bucco-dentaire;
  • faire connaître l’unité de soins et les soins dispensés.

Nous envisageons d’étendre cette campagne de sensibilisation avec la collaboration des Ministères de la Santé publique et de l’Education du Cameroun et les écoles concernées.

Initialement, nous pensions sensibiliser et influencer la population adulte par le biais des élèves et des enseignants. Cependant, nous avons dû nous rendre à l’évidence qu’après trois années du programme, les connaissances enseignées à l’école y restaient confinées et avaient de la peine à franchir le seuil familial. Le message de prévention était donc loin d’atteindre toutes les couches de la population, ceci dû aussi en partie à la différence de perception de l’importance de la santé bucco-dentaire entre les enfants (qui la valorisent) et les adultes (qui la minimisent).

En conséquence il a été décidé, en 2005, de mettre sur pied un évènement théâtral et musical, destiné à l’ensemble de la population, au cours duquel le message de prévention pouvait être diffusé et valorisé. Ainsi, le 26 octobre 2005, se tenait la première journée de santé bucco-dentaire du district de Mfou avec un succès indéniable du spectacle et, nous l’espérons, du message qu’il véhiculait. Notre objectif est maintenant de pérenniser la date du 26 octobre, autour d’un évènement mobilisateur, comme journée annuelle de santé bucco-dentaire.

Pays, région: Cameroun

Organisation suisse: Faculté de médecine de l’Université de Genève, Section de médecine dentaire, Division de médecine dentaire et prévention

Site web: www.unige.ch/medecine/

Contacts: Dr. Christian Gianella, christian.gianella@medecine.unige.ch; Pr Pierre Baehni; Prof. Fritz Baumann, Fritz.Baumann@medecine.unige.ch

Partenaires: Coopération Cameroun-Jura-Suisse, Mfou, Cameroun; Ministère de la Santé publique, Cameroun; Ministère de l’Enseignement national, Cameroun

Informations: Santé et hygiène bucco-dentaires au Cameroun: étude préliminaire pour la mise en place d'un programme de prévention chez des écoliers. Thèse présentée à la Faculté de médecine de l'Université de Genève par Stefano Majoli (2003).