Le programme interdisciplinaire en action humanitaire de l’Université de Genève

PIAH - Se former en action humanitaire

Von Beat Stoll / ISPM Genf

L'Université de Genève offre depuis novembre 1998 un Diplôme universitaire de formation continue en Action Humanitaire.

Les bouleversements qu’a subi le monde les derniers décennies ont également eu des répercussions sur le travail de nombreuses ONG telles que les membres de Medicus Mundi Suisse qui voient ainsi s’éloigner l’atteinte du but de leur activité « une santé pour tous ». Des zones en conflit, des catastrophes de l’environnement et une inégalité sociale croissante ont comme conséquence une déstabilisation des sociétés avec un affaiblissement des États comme partenaires et une montée des particularismes communautaires.

Des réponses appropriées dans ces contextes souvent assez complexes demandent une compréhension des enjeux divers issus non seulement du champ de la santé, mais aussi du droit, de l’économie, de la socio-anthropologie, de la politique et du développement. A l’origine d’une crise humanitaire – aiguë ou latente – se trouvent des affrontements politiques dégénérant en conflit militaire, une dégradation de l’environnement, un effondrement des la situation économique et sociale avec pour le plus souvent un non-respect croissant des droits humains.

L’Université de Genève propose depuis 1998 un diplôme en action humanitaire soumis récemment à une réforme importante pour se présenter dès cette rentrée 2005 comme MAS (master in advanced studies) en action humanitaire. Six modules constituent le tronc commun : (1) l’humanitaire en question, (2) situations de crise – contexte et facteurs déclenchants, (3) l’humanitaire – cadre légal, acteurs et médias, (4) situation de crise et gestion de l’urgence, (5) entre situation de crise et développement et enfin (6) crises sociales, précarités et exclusion.

L’enseignement dispensé est interdisciplinaire. Un même problème est traité sous l’angle du droit, analysé quant à son influence sur la santé, discuté dans une perspective socio-économique, etc. tout en incluant l’intervention de plusieurs institutions humanitaires et onusiennes présentes à Genève. Les principaux objectifs de la formation visent à stimuler une réflexion critique sur le phénomène de l’action humanitaire, à promouvoir l’interaction entre les différents domaines de l’humanitaire, à apporter des compétences en matière de prévention, préparation et atténuation des crises humanitaires en mettant un accent sur les liens entre l’urgence et le développement et enfin à permettre aux participants de partager leurs expériences et de progresser dans leur domaine professionnel.

Ces études seront complétées par le suivi de cours à option en fonction de l’intérêt du participant. Pour ceci, l’étudiant a le choix parmi l’offre large de cours proposés majoritairement par l’Université de Genève. Pour permettre un maintien d’une activité professionnelle, le programme peut se faire en deux ans. Enfin, les étudiants concluront leurs études en action humanitaire par un travail de mémoire donnant l’opportunité d’approfondir un sujet spécifique de manière académique.

Nous croyons que cette maîtrise en action humanitaire s’adresse aussi aux ressortissants des pays partenaires de nos ONG. Ceci permet de promouvoir la progression des capacités locales d’intervention avec l’espoir de disposer de cadres nationaux qui sauront réagir rapidement et de manière appropriée lors qu’une crise humanitaire risque d’émerger voire de s’aggraver. Bien évidemment, les dirigeants des ONG, des collaborateurs d’agence diverses actives dans le champ de l’action humanitaire, pour la plupart provenant des pays les plus favorisés peuvent également profiter de cette formation. Comme mentionné plus haut, le partage entre participants est activement provoqué et vécu par les participants des anciennes volées comme un des éléments les plus riches.

La formation d’un membre d’une équipe peut suffir pour apporter un nouveau regard et éventuellement aussi des nouvelles approches de solution face aux défis qui malheureusement rendent plutôt plus complexes l’atteinte de l’objectif « une santé pour tous ».

*MPH, membre du comité MMS, coordinateur « santé » du PIAH, IMSP – Université de Genève. Pour des plus amples informations, veuillez vous référer au site www.unige.ch/piah.