La lutte pour l’abandon de l’excision au Mali

Vers une approche plus juridique

Von Aissé Diarra, Maya Natarajan & Viviane Fischer / IAMANEH Schweiz

Depuis plus de six ans, IAMANEH Suisse s’engage dans la lutte contre l’excision et travaille dans ce domaine en collaboration étroite avec des organisations partenaires locales. Le travail d’information est particulièrement important en ce qui concerne la santé. Mais là aussi, le défi d’une communication qui encourage le dialogue réciproque et parfois contradictoire se pose. Il est important aujourd’hui de garder de la distance par rapport au travail d’information pur. Le travail des ONG doit plutôt porter sur la promotion des capacités d’action de la population locale et leur intégration de leurs propres normes culturelles et sociales. Un aspect central pour ce faire est de, dans un respect mutuel, jeter des ponts entre les traditions vécues et le droit international, pour un droit à l’intégrité physique et à la santé.

La lutte contre l’excision n’est pas une trouvaille de l’Occident, même si une certaine médiatisation ces dernières années l’a laissé entendre. La lutte contre cette pratique a débuté avant tout au Sud. Pour que de tels changements de comportement soient possibles, ils doivent aussi s’amorcer là où la résistance a commencé.

Agir pour l’abandon de la pratique de l’excision

La plupart des Etats africains ont ratifié les conventions internationales telles que la Charte des Enfants, la Convention sur l'Elimination de toutes formes de Discrimination à l'Egard des Femmes, et la Charte Africaine, qui stipulent la responsabilité des gouvernements à protéger les filles et à s’assurer que les droits de la femme sont bien respectés. Néanmoins, à l’exception de quelques pays, les gouvernements ont pendant longtemps passé le thème de l’excision sous silence ou l’ont à peine abordé. Au Mali, les initiatives pour l’éradication de la pratique de l’excision ont commencé avec l’indépendance en 1960, sur l’initiative d’agents de santé (sage femmes) qui ont dénoncé ses conséquences sur la vie reproductive de la femme. Actuellement, la lutte est l’œuvre d’ONG nationales et internationales.

En 1996, le Réseau Malien de Lutte contre les Mutilations Génitales Féminines, regroupant les ONG de défense des droits des femmes, a vu le jour. Il compte aujourd’hui plus d’une cinquantaine d’associations et ONG œuvrant pour l’abandon de la pratique de l’excision. Sous la pression de ces ONG, le gouvernement du Mali est devenu partie prenante de la lutte pour l’abandon de l’excision.

L’engagement politique du Mali en faveur de l’excision s’est manifesté par une série d’actions entreprise depuis 1984 avec la mise en place du Comité Malien de Lutte Contre les Pratiques Traditionnelles. En 1996, le gouvernement a créé le Comité National pour l’Eradication des Pratiques Néfastes, sous l’égide du Commissariat à la promotion des femmes. Il a comme adhérents les représentants des ministères, des services techniques, des leaders religieux et communautaires, des communicateurs et des associations et ONG. Il a été remanié en 1999 avec l’érection du commissariat en Ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille. Composé des représentants des départements ministériels, des Institutions de la République, des services techniques et des associations et des ONG, le Comité National pour l’Eradication des Pratiques Néfastes a élaboré un plan d’action quinquennal pour la période 1999-2003. L’objectif de ce premier plan était de „informer, faire campagne, former, et offrir des services sociaux appropriés aux filles et aux femmes concernées par l’excision. » Aujourd’hui, le Programme National de Lutte Contre l’Excision dispose d’un plan stratégique 2002-2006, dont l’objectif général est de „contribuer à réduire la pratique de l’excision au Mali“.

La santé des femmes en danger

Le Mali est l’un des plus grands pays de l’Afrique de l’Ouest mais est relativement peu peuplé. 52% des 12 millions d’habitants sont des femmes.

Selon les résultats d’une enquête démographique et de santé au Mali en 2001, le taux de prévalence de l’excision est de 94%. Presque tous les groupes ethniques (une vingtaine), à la fois musulmans et chrétiens, ont pratiqué l’excision depuis les temps immémoriaux et continuent à la faire pour diverses raisons. L’appartenance religieuse a peu d’effet sur la pratique, même si le taux est plus élevé chez les animistes (95,1%) et les musulmans (91,9%) que chez les chrétiens (75,5%). Il n’y a pas de différences notables entre les taux en milieu urbain et en milieu rural. A l’exception des trois régions du nord (Kidal, Gao et Tombouctou) où la prévalence de l’excision est relativement basse (33,6%), il y a très peu de variation entre les autres régions du pays où le taux varie entre 88% (Mopti) à 98% (Kayes).

Au-delà de l’extrême douleur de l’intervention, les complications de santé qui s’ensuivent le plus fréquemment sont: de graves saignements, l’intoxication sanguine, le choc sceptique, la rétention urinaire, l’incontinence, les infections, le tétanos et certaines complications souvent mortelles. L’artère clitoridienne est nécessairement coupée au moment de l’ablation du clitoris. L’ablation des lèvres endommage encore plus les artères et les veines. Les graves saignements qui s’ensuivent peuvent être à l’origine d’une anémie à long terme ou même d’une mort subite. Le risque d’infection est très important et celle-ci peut se propager aux organes internes.

Au-delà des effets immédiats, l’excision a des effets physiologiques et sur la sexualité à long terme. On peut citer: un ralentissement de l’écoulement de l’urine et sang menstruel, des malformations génitales, des douleurs et des saignements pendant les rapports, des infections urinaires à répétition, le développement de kystes et de chéloïdes (grosses cicatrices), ainsi que des infections des conduits urinaires et pelviens. Un disfonctionnement de la sexualité chez les deux partenaires peut être causé par des rapports douloureux et une sensibilité sexuelle diminuée par l’excision.

Des complications lors de l’accouchement peuvent également survenir: déchirement de tissus, saignements excessifs, travail obstrué et prolongé, fistules (rupture de la paroi entre le conduit vaginal et urinaire ou entre l’intestin et le vagin). Elles exposent le nouveau-né au risque d’infection et peuvent parfois causer des dommages au cerveau en raison de l’étroitesse de l’ouverture et un travail prolongé. Dans les cas extrêmes, le bébé est mort né.

L’excision augmente aussi le risque de transmission du VIH. Ceci est particulièrement vrai dans les communautés où l’excision est un rite collectif ou un rite de passage. Le même couteau ou la même lame est alors utilisé sur un groupe de filles s’apprêtant à devenir femmes. La transmission du VIH est aussi favorisée par le tissu cicatrisé qui se forme après l’excision. En effet, ce tissu est moins flexible que la peau normale et est plus enclin à être déchiré pendant les rapports, causant des blessures superficielles et des saignements, rendant les femmes (et l’homme) plus vulnérables au VIH.

La non croyance de certaines communautés musulmanes de l’existence même du virus du SIDA au sein de leur groupe, rend la situation encore plus difficile.

Au moment de l’accouchement, la femme excisée est exposée au risque de déchirement des tissus, suivi de saignements excessifs, ce qui augmente le risque de transmission mère enfant du VIH. Un autre facteur d’exposition au VIH est la non stérilisation des instruments et des aiguilles dans les hôpitaux ou les cliniques mal équipés. Enfin, les pertes de sang suite à l’ablation peuvent nécessiter des transfusions sanguines, une autre source de risque de transmission du VIH dans des pays qui ne peuvent pas garantir un sang sans virus.

Les effets psychologiques sont moins bien documentés et moins bien connus. Pour une majorité de femmes et de jeunes filles, les effets psychologiques sont discrets et enfouis derrière des barrières de rejet, de résignation et d’acceptation de la norme sociale.

Les traditions questionnées

Plusieurs raisons socio culturelles ont été avancées par les hommes et les femmes des différents groupes ethniques qui pratiquent l’excision pour la justifier.

L’excision, un acte de respect et d’attachement aux us et coutumes. Ce sont les coutumes et les traditions qui sont les plus évoquées pour justifier la pratique de l’excision. L’excision permet ainsi à la communauté qui la pratique de s’identifier à la culture de ses ancêtres et de maintenir la cohésion sociale. Les traditions ont plus de poids que les intérêts individuels puisqu'elles sont les manifestations de l'héritage collectif de la communauté.

L’excision, un rite de passage de l’âge nubile à l’âge adulte. Les communautés marquent la transition entre deux étapes de la vie par un rite destiné aux personnes ayant le même âge. L’excision est un rite qui détermine le passage du stade de jeune fille à celui de femme adulte. Elle peut avoir lieu avant, pendant ou après la puberté.

L’excision, un acte qui débarrasse la petite fille et la femme d’un organe maléfique. Le clitoris et perçu comme un organe maléfique qui porte malheur à la personne qui la porte et aussi celle qui la touche (un nouveau-né, un homme).

L’excision, une exigence esthétique. Pour de nombreuses ethnies, les organes génitaux féminins sont laids et nauséabonds et il faut les enlever. Certains croient que le clitoris s’allonge lorsqu’il n’est pas coupé et rend dans ce cas, les relations sexuelles difficiles.

L’excision, un marqueur d’identité sexuelle. Le clitoris est perçu comme la partie masculine du corps de la femme, tout comme le prépuce est considéré être la partie féminine du corps masculin. Ainsi, l’excision permet de préserver la féminité. Le fait d’enlever ou de couper le clitoris, ou sa partie environnante, a une valeur symbolique qui transforme la fille en «vraie femme» et la «prépare» à la reproduction sexuelle.

L’excision, un prestige pour la famille d’abord et ensuite la fille. L'excision est une affaire d'honneur ou de honte pour la famille. Une fille non excisée est non seulement considérée comme «anormale» ou «impure», mais elle a moins de chances de trouver un mari. Chez les Minianka du cercle de San, région de Ségou, la femme non excisée ne participe par exemple pas à la préparation des repas rituels.

L’excision, un moyen de contrôle de la sexualité et de la fertilité des femmes. Pour les Sonrhaï de Goundam, (région de Tombouctou) le clitoris appelé Gouri, Guérizé ou Daféizé est un organe sensuel qui exacerbe le désir sexuel de la fille/femme et la rend frivole. Il donc faut l’enlever parce que la frivolité est un acte qui dégrade la femme. Dans les sociétés qui pratiquent l’excision, la sexualité de la femme doit être restrictive et orientée vers la procréation et la satisfaction du désir de l’homme.

L’excision et l’islam

Trois positions différentes dans l’attitude des musulmans face à la pratique de l’excision existent, comme l’explique le professeur islamologue Kady Dramé du Mali.

L’excision est une “sunna”: c’est-à-dire qu’elle fait partie des pratiques du Prophète qu’il serait bon de perpétuer. Mais, la sunna non plus n’est pas une obligation. Elle est facultative. C’est, comme précise Dramé, les prières surérogatoires. Elles peuvent apporter un plus de baraka; mais, elles ne sont pas une condition pour être musulman comme les cinq prières canoniques.

L’excision est „wajib“: en tant que recommandation du Prophète, c’est-à-dire qu’elle est obligatoire. Au Mali, on retrouve les défenseurs de cette position parmi les étudiants venus de l’Arabie Saoudite et surtout, précise, Dramé, parmi les ulémas de l’ethnie Soninké. Pour Dramé, ceux-ci défendent, en réalité, beaucoup plus une pratique culturelle d’autant plus qu’ils savent bien que cette pratique n’est pas connue en Arabie Saoudite ou en Iran, pays où s’exerce la loi islamique.

L’excision n’est pas obligatoire en islam: elle n’est ni sunna ni wajib. C’est la position de tous ceux qui observent le rite malikite, c’est-à-dire l’enseignement de l’Imam Malik. Même les adeptes du rite malikite qui disent que l’excision est une „sunna“ reconnaissent que c’est une sunna Makrama ou Moustahab, c’est dire qui reste recommandable sans plus. C’est ce qui explique que la pratique n’est pas répandue dans le monde arabe, où l’excision se pratique qu’en Egypte et au Soudan.

Bien que l’excision soit une pratique culturelle, beaucoup de personnes au Mali estiment qu’elle est prescrite par la religion musulmane. Paradoxalement, un sondage mené récemment au Mali a montré que seulement 19% des personnes interrogées considéraient que l’excision était une question de religion.

Résultats et défis dans la lutte pour l’abandon

Vingt ans après la mise en place du Comité Malien de Lutte Contre les Pratiques Traditionnelles, il est possible de dire qu’au Mali, des résultats positifs ont été obtenus, même s’il n’existe pas d’enquête au niveau national donnant le taux d’abandon de la pratique de l’excision. Les rapports annuels fournis par les ONG au Programme National de Lutte Contre l’Excision montrent qu’il y a des cas d’abandon par des villages, des familles, des exciseuses, mais aussi des hésitations et des réticences. Un acquis important aujourd’hui est que le silence a été brisé; le mot excision n’est plus un tabou; partout au Mali, les hommes, les femmes et les jeunes parlent de l’excision.

Malgré les actions entreprises et les dispositions existantes, le mouvement de lutte pour l’abandon de l’excision a cependant rencontré des obstacles de taille que sont l’insuffisante coordination des actions, une faible couverture du pays par les ONG et associations, le manque de suivi de l’application des textes et décrets relatifs à la pratique de l’excision, l’absence de législation spécifique à l’excision. En effet, la peur d’une manifestation des leaders religieux musulmans est perçue par beaucoup de personnes comme l’obstacle premier à une législation contre la pratique de l’excision.

L’adoption d’une loi pénalisant la pratique de l’excision divise les avis. Beaucoup d’ONG militent en faveur d’une loi, tandis que le Programme National de Lutte contre l’Excision accorde plus d’importance à la communication et à l’information et l’éducation des communautés.

Si la loi peut être un élément de dissuasion des femmes et des hommes et surtout des exciseuses ambulantes (celles qui se promènent entre les villages du Mali, Burkina, Sénégal et Côte d’Ivoire), elle ne peut néanmoins exclure l’information, l’éducation et la communication. L’inconvénient de la législation est que la pratique de l’excision risque de devenir clandestine si la loi n’est pas bien expliquée et si l’on ne perçoit que son aspect répressif; raison pour laquelle la législation doit aller de paire avec la sensibilisation pendant un certain temps.

De plus, les ONG et associations de lutte contre l’excision rencontrent des difficultés à suffisamment opérationnaliser sur le terrain l’approche violation des droits de la femme et de la petite fille à cause de sa méconnaissance; il y a eu peu de formation et les agents ont peur d’aborder une approche qu’ils ne maîtrisent pas. Cette approche pourtant devrait permettre aux communautés de mieux comprendre que l’excision porte atteinte à la réalisation des droits humains tels que le droit à la vie, le droit à la santé, à l’intégrité physique, etc. La connaissance des textes du code pénal du Mali et des instruments internationaux de droits humains ratifiés par le Mali (Convention de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et la convention relative aux droits de l’enfants) permettrait aux parents de réfléchir aux conséquences de leurs actes avant de l’entreprendre.

Il faut retenir que les organisations de la société civile malienne qui luttent pour l’abandon de la pratique de l’excision, ont longtemps utilisé l’approche santé. Cela a donné des résultats qui vont de l’abandon de la pratique à la médicalisation. La médicalisation consiste à pratiquer l’excision dans les centres de santé par des professionnels qui utilisent des instruments chirurgicaux, des anesthésiques et des antiseptiques. Beaucoup de personnes pensent qu’avec la médicalisation, l’excision a moins de conséquences sur la santé de la petite fille.

La pratique ayant été interdite dans les centres de santé, les exciseuses au Mali, ont commencé à utiliser la lame à la place du couteau, ainsi que l’alcool et la pommade auréomycine pour le pansement de la plaie. Pour les exciseuses, cette méthode évite la contamination par le VIH, le tétanos, l’hémorragie, etc.
Pour arriver à l’abandon de la pratique de l’excision au Mali, l’engagement du gouvernement par des actions concrètes est absolument nécessaire. Il devrait notamment s’engager à:

  • Evaluer les actions entreprises pour connaître la situation réelle de l’excision, vingt ans après la création d’une structure pour l’abandon des pratiques néfastes;
  • Mobiliser des fonds pour des actions d’envergure dans les zones à taux de prévalence élevé;
  • Suivre l’application des textes et décrets interdisant la pratique par les agents de santé dans les structures sanitaires;
  • Diffuser les textes et les conventions relatifs aux droits de la femme et de l’enfant, en les mettant dans le contexte de la lutte pour l’abandon de l’excision;
  • Engager le dialogue sur la question d’une loi contre la pratique de l’excision.


Aujourd’hui, beaucoup d’acteurs adoptent l’approche intégrée. Elle consiste à parler de l’excision sous ses différents aspects: santé, droit, culturel et religieux. Ceci permet une meilleure connaissance des arguments avancés par les uns et les autres et l’élaboration de messages pouvant aboutir à l’abandon de la pratique.

*Aissé Diarra, Viviane Fischer, et Maya Natarajan, IAMANEH Suisse. Contact: vfischer@iamaneh.ch, www.iamaneh.ch

L’excision

«Les mutilations sexuelles féminines désignent toutes les interventions aboutissant à une ablation partielle ou totale des organes génitaux externes de la femme ou toute autre mutilation de ces organes pratiquée pour des raisons culturelles ou autres et non à des fins thérapeutiques» (OMS/UNICEF/FNUAP 1997).

Il existe un large champ lexical pour désigner l’excision. Au Mali, on utilise des expressions comme la «circoncision», «le nettoyage», la «purification pour la prière», «l’initiation», «le passage à la vie adulte», etc.

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, il y a quatre types de mutilations sexuelles féminines, qui sont les suivants:

  • Type I: Excision du prépuce avec ou sans excision de la totalité ou d’une partie du clitoris; appelé aussi clitoridectomie, ce type est appelé sunna par les musulmans.
  • Type II: Excision du prépuce et du clitoris avec excision partielle ou totale des petites lèvres.
  • Type III: Excision de la totalité ou d’une partie des organes génitaux externes et suture/rétrécissement de l’ouverture vaginale (infibulation).
  • Type IV: Diverses pratiques non classées, telles que piqûres, perforation ou incision du clitoris et/ou des petites et des grandes lèvres, étirement du clitoris et/ou des lèvres, et toute autre intervention qui répond à la définition des mutilations sexuelles donnée ci-dessus.

Les excisions de type I et II sont les plus répandues au Mali; la pratique de l’infibulation a été signalée dans la région de Kayes.

Source: OMS/UNICEF/FNUAP, Les mutilations sexuelles féminines: déclaration commune (1997), http://www.who.int/reproductive-health/publications/fgm/fgm_joint_st_fr.pdf