"Pourquoi jeter ce qui est encore utilisable?"

Récupération d’équipements sanitaires

Von Dr Giuseppe Andreis

Vers la fin de l’année 1995, Medicus Mundi Italie a commencé son activité de récupération et de réhabilitation d'équipements sanitaires en vue de leur utilisation dans les pays du Sud.

Ceux qui travaillent dans le monde de la santé ont souvent remarqué que beaucoup d'équipements encore en bon état sont remplacés par de nouveaux équipements coûteux, parfois pour respecter les prescriptions de sécurité, parfois pour des raisons d'image et de prestige. Les équipements mis au rebut par nos hôpitaux peuvent être utilisés avec succès dans des structures sanitaires du Sud où elles font cruellement défaut.

Au début, l’idée parut à beaucoup ambitieuse, si ce n’est utopique, car elle supposait un changement dans les mentalités: "pourquoi jeter ce qui être encore utilisable"? Mais, bientôt, le projet de Medicus Mundi Italie trouva un écho positif et des soutiens: le rêve devint réalité.

Organisation

Les équipements sanitaires récupérables proviennent d’hôpitaux publics ou privés; ils nous sont signalés par des médecins. Dès que nous avons connaissance de la disponibilité d’un équipement, nous nous rendons sur place pour procéder à son évaluation (type de matériel, âge, état général...). Si le matériel est encore utilisable, il est transporté au magasin.

Dans ce magasin-atelier, un groupe de bénévoles représentant différents métiers techniques (mécanique, électricité, etc.) vérifie le fonctionnement des équipements et assurent leur révision. Parfois, il est nécessaire de faire appel à des techniciens spécialisés ou de remplacer certaines pièces (éléments électriques, hydrauliques, etc.): cela entraîne évidemment un coût.

Enfin, les équipements sont emballés en vue de leur transport.

Bénéficiaires

Les matériels révisés sont mis gratuitement à la disposition de missions, d’ONG, d’hôpitaux et de centres de santé. Seul le remboursement des pièces de recharge est demandé.

Nous vérifions que les équipements donnés sont bien utilisés dans des lieux appropriés et par des personnes compétentes. Afin de connaître les réalités du terrain et nous faire une idée du contexte dans lequel notre aide intervient, nous nous rendons parfois sur place, ou bien nous prenons des informations auprès de personnes dignes de foi.

Au cours de nos cinq premières années d’activité, nous avons expédié des équipements et matériels sanitaires dans 18 pays d’Afrique, 6 pays d’Amérique latine, 4 pays d’Asie et 4 pays d’Europe de l’Est.

Quelques chiffres

Nos cinq premières années d’activité:

  • 160 donateurs et 257 dons de matériel
  • 80 bénéficiaires et 163 demandes, dont 120 ont été satisfaites
  • quelque 700 appareils expédiés
  • 17’000 heures de travail bénévole

La valeur des équipements donnés pendant ces cinq premières années d’activité est estimée à 15% de leur valeur à neuf. La valeur totale représente un montant de 1,5 milliard de lires (environ 1'150’000 francs suisses). Les frais remboursés (pièces de rechange) s’élèvent à 120 millions de lires (environ 93’000 francs suisses).

Ces dons d’équipements médico-techniques représentent pour nos "sponsors" un placement intelligent et un geste humanitaire, permettant à des milliers de personnes dans des pays pauvres de bénéficier d'un contrôle sanitaire, un luxe pour une majorité d’entre elles.

Prévisions pour les cinq prochaines années

Notre activité est tributaire de la générosité de bénévoles; nous espérons que d'autres vont se joindre à nous et que les personnes qui nous soutiennent continueront d’apprécier notre engagement.

Au cours de cette dernière année, nous avons ajouté au secteur sanitaire un secteur artisanal (machines mécaniques, travail du bois, confection et couture, etc.): il s’agit d’une nouvelle piste d’action et d’une nouvelle perspective pour soutenir l'activité de formation au travail. Nous désirons aider le plus de jeunes gens possible, dans les pays du Sud, à préparer leur avenir professionnel; trouverons-nous les énergies nécessaires pour suivre aussi cette nouvelle voie?

Il y a deux mois, nous avons envoyé aux bénéficiaires une lettre/questionnaire dans le but de connaître leurs besoins et de savoir si les équipements qui leur ont été donnés fonctionnent et s'ils en sont satisfaits. Nous comptons beaucoup sur leur collaboration pour améliorer notre service et pour répondre encore mieux à leurs demandes.

Notre objectif pour 2001 est ambitieux: toute l'activité devra répondre à des critères de qualité garantie. C'est là une importante condition requise pour être accrédité auprès des administrations régionales et nationales et pour obtenir du Ministère des affaires étrangères la levée de certains obstacles bureaucratiques qui compliquent beaucoup l'envoi des équipements dans les pays en développement. Nous en sommes conscients: ce n'est pas là une entreprise facile.

*Dr Giuseppe Andreis, membre du comité de Medicus Mundi Italie