«Printemps arabe» et santé mondiale

La vague de protestation qui a renversé ou ébranlé l’une après l’autre un certain nombre de dictatures arabes, provoquant même en Lybie l’intervention d’une coalition internationale, atteint maintenant la Syrie. Le président Assad y réagit en dosant fermeté et concessions. Le régime se propose de rehausser les salaires, lutter contre la corruption et créer une caisse-maladie (source: NZZ, 31.3.2011).

La mise en place d’une caisse-maladie ne peut que réjouir l’ensemble des militant-e-s de la santé internationale. Mais ce renforcement du système de santé suffira-t-il à calmer les esprits? Evidemment pas: l’appel à la démocratie et au respect des droits humains, à une bonne gouvernance et au multipartisme passe avant les réformes de politique de la santé.

C’est une manœuvre fort prisée des régimes non démocratiques ou autoritaires que de cher-cher à assoir leur légitimité en développant les soins de santé et en les rendant aussi largement accessibles et gratuits que possible. En même temps, ces régimes ont en main la possibilité de barrer l’accès aux soins à ceux qu’ils considèrent comme un danger pour leur domination. Un système de santé sans légitimité démocratique ne peut de toute façon pas être durable.

Dès lors, le mouvement pour la démocratie et les droits humains qui souffle comme un vent frais à travers l’espace arabe, doit aussi être salué sous l’angle de la politique de santé mondiale. Il donne tort à tous ceux qui ont tendance à douter de la capacité démocratique d’autres cultu-res et à nier la validité universelle des droits de l’homme. Et il renforce dans le domaine de la santé la société civile, qui en a absolument besoin pour pouvoir développer les soins de santé de base.

Martin Leschhorn Strebel Membre de la direction

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