Contextes fragiles et la responsabilité politique

Le travail dans les contextes fragiles est l'un des principaux défis posés dans le cadre de la coopération pour le développement. Ils doivent être abordés par des interventions pratiques et réfléchies et sans ignorer les recherches politiques menées pour en déterminer les causes.

Dans les semaines à venir, le réseau Medicus Mundi Suisse (MMS) intensifiera les échanges autour de la thématique du « travail dans les contextes fragiles » Un symposium est organisé la 24 août à Berne afin de pouvoir discuter avec la Direction du développement et de la coopération et le Croix Rouge Suisse des aspects pratiques de cette question. Enfin, nous aborderons plus en détail sa dimension politique le 2 novembre 2016 à l'occasion du symposium annuel du MMS.

Le travail dans les contextes fragiles représente un défi majeur de la coopération pour le développement. Dans ces contextes, les conditions centrales, devant être remplies pour le développement social et économique, ne le sont que de manière rudimentaire. En outre, différents facteurs politiques et sociaux, tels des obstacles en constante évolution, mettent en péril l'accomplissement des objectifs de développement.

Facteurs de fragilité

Le Fund for Peace (fond pour la paix), détermine chaque année les « Indice de États fragiles » (FSI - Fragile States Index) en évaluant la fragilité des États sur la base de 12 indicateurs sociaux, économiques et politiques. L'indice et ses indicateurs imprègne de manière relativement importante les débats autour de la fragilité dans le cadre des politques de développement.

Les organisations participant à la collaboration pour la Santé tentent de peser sur les facteurs qui influencent la fragilité. Elles sont expertes lorsqu'il s'agit de surmonter les obstacles qui s'opposent au développement et du renfort des structures fragiles afin de les rendre plus résistantes face aux crises. Les Hommes sont toujours au centre des préoccupations. Leur permettre ainsi qu'à leur communauté de se renforcer est l'un des plus grands défis, car un climat de violence régne justement dans leur environnement, avec les signes des tramatismes qui en résultent.

D'une part, l'objectif est d'établir des structures étatiques légitimes et un système de Santé ancré dans ses structures. D'autre part, il s'agit d'une approche émancipatoire, visant à sortir la population locale de sa fragilité et à en faire l'acteur principal de ce processus.

Ne pas négliger la question politique

Mais quel rôle peuvent donc jouer les pays donateurs et la communauté internationale ? Ils peuvent définr des directives (New Deal for Engagement in Fragile States - New Deal pour l'engagement dans les pays fragiles) et essayer de les imposer ou encore sensibiliser les différents acteurs et, tout au plus, prononcer des sanctions. Mais dans tous les cas, l'engagement doit être maintenu.

C'est ce qui apparaît de façon claire lorsque nous nous penchons sur le « Fragile States Index ». Ce dernier décrit les facteurs de la fragilité interne à l'État et la société de manière symptomatique. Ainsi, la fragilité se dessine comme un problème d'origine purement national, indépendamment de tout contexte politique international. Si nous pensons à l'Afghanistan, la Syrie et l'Irak, nous ne pouvons que constater que cette supposition est un véritable non-sens. La question politique dans les débats sur la fragilité doit donc élargir leurs horizons et prendre en considération les facteurs internationaux d'instabilité.

Martin Leschhorn Strebel
Réseau Medicus Mundi Suisse

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