L'Ebola jette son ombre sur l'assemblée mondiale de la santé

Les débats lors de l'assemblée mondiale de la santé de 2015 étaient marqués par les conséquences de la non-maîtrise de l'épidémie d'Ebola.

Et derechef, une assemblée mondiale de la santé de l'OMS appartient à l'histoire. On a tendance à parler d'un rituel annuel accompagné chaque année des mêmes dires. Mais ceci ne répondrait pas à la portée de l'organisation mondiale de la santé en tant que force légitimée uniquement démocratiquement et normative pour la politique sanitaire mondiale. Les processus parlementaires sont toujours très laborieux – que cela soit au niveau local, national et également international. Mais ils constituent la voie pour trouver des solutions quelque peu soutenables pour relever les défis d'une époque.

«Cette année, c'est différent» pensait un représentant de la société civile qui se rend à Genève depuis quelques années déjà. L'Ebola a modifié les débats à l'assemblée mondiale de la santé. Les délégués sont encore sous le coup de la peur qu'une épidémie puisse, en si peu de temps, provoquer un krach des systèmes de santé et devenir en même temps une menace internationale. Et le fait de savoir que l'on aurait besoin, dans une telle situation, d'une institution comme l'OMS - qui peut réagir rapidement et convenablement - est soudainement devenu incontestable. Au même titre, le fait que l'OMS a justement failli dans cette fonction entraîne un profond désarroi.

Un groupe d'experts de l'OMS tire une leçon claire de l'incapacité de l'ONU à maîtriser l'épidémie: «Désormais, le moment historique est arrivé où les hommes politiques de la planète confèrent une nouvelle importance à l'OMS et doivent lui permettre de remplir le rôle dirigeant dans le système de santé mondial.» (Citation provenant d'ATS). Il reste à espérer que cette analyse sera effectivement largement mise en œuvre.

Assurer l'indépendence de l'OMS

Lors de la discussion du budget, les membres de l'OMS ont eu une première opportunité pour la renforcer. Elle avait demandé d'augmenter les moyens mis librement à disposition. Ceci constitue une condition préalable capitale afin que l'OMS réagisse aux crises sanitaires rapidement et de manière flexible. Les délégués y sont favorables – dans l'absolu, les contributions libres demeurent trop faibles, comme par le passé, pour changer fondamentalement quelque chose à la problématique.

Que l'OMS puisse travailler indépendamment de tout intérêt économique fait également partie de la capacité de fonctionnement de l'OMS. Un concept de coopération des principales parties prenantes telles que les ONG, la science et l'industrie a toutefois fait l'objet de très fortes critiques de la part notamment de la société civile. Notre Réseau Medicus Mundi International a joué ici un rôle leader. Comme par le passé, le concept est tellement flou à divers endroits que l'on doit craindre que l'industrie alimentaire et du tabac puissent finalement influer directement sur les processus décisionnels. Il n'empêche que les pays membres étaient d'accord sur le fait que le concept nécessite encore quelques améliorations. C'est pourquoi, il ne peut être adopté que dans un an.

Martin Leschhorn Strebel
Réseau Medicus Mundi Suisse

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