ECOPOP : un discours écologisé et globalisé sur la surpopulation étrangère

A vrai dire, il semblait tout d'abord que l'initiative Ecopop devait être encore retardée par le Parlement. Après le résultat étonnant de l'initiative Stop à l'immigration, le vent a toutefois tourné. Le projet, qui souhaite également freiner l'immigration en Suisse et qui exige parallèlement que 10% du budget de la DDC soit utilisé pour la planification familiale volontaire, doit être désormais soumis le plus vite possible à la votation populaire.

L'initiative Ecopop s'inscrit dans la tradition des initiatives de surpopulation étrangère qui ont agité la population au cours des années 70 du siècle dernier avec l'initiative de l'Action nationale et l'initiative Schwarzenbach. Dans les années 70 également, le concept de surpopulation, associé au «Halte à la croissance» proclamé par le club de Rome, connut un nouvel essor.

Au fond, c'est ce mélange discursif de xénophobie, de peurs de surpopulation et de soucis écologiques qui fait avancer cette initiative mais qui, simultanément, rend également difficilement évaluable ses chances de réussite. Toutes ces personnes véhiculant ces préoccupations sont-elles réellement unies ou bien s'excluent-elles réciproquement?

La combinaison de cette manière conservatrice de penser à l'exigence dédiée à la politique de développement de faire de la planification familiale volontaire une priorité de la politique helvétique de développement constitue, d'un point de vue argumentaire, la cerise sur le gâteau. Après l'écologisation des peurs de surpopulation suisses, ces dernières sont ainsi même mondialisées. Ceci est évidemment insensé d'un point de vue de politique du développement.

Martin Leschhorn Strebel Réseau Medicus Mundi Suisse

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