La politique de développement: dans l'intérêt de qui?

Le 2 avril, le Conseil fédéral a, avec l'ambassadeur Manuel Sager, nommé le successeur de Martin Dahinden dans la fonction de directeur de la Direction du développement et de la coopération (DDC). Cette élection a à peine déchaîné les passions, comme le montre une revue de presse du Réseau Medicus Mundi Suisse. Il est manifeste que les médias perçoivent un tel changement à la tête de la politique de développement suisse comme n'importe quel autre changement dans l'administration.

Quand l'ancienne conseillère fédérale, Micheline Calmy-Rey, a annoncé Martin Dahinden comme successeur de Walter Fust, un autre vent soufflait au sein du public helvétique. En fin de compte, Fust avait pratiquement fait du poste de directeur de la DDC la charge d'un huitième Conseil fédéral. Le choix de Dahinden ainsi qu'une réforme de la DDC annoncée simultanément, constituaient les instruments avec lesquels la coopération suisse au développement devait être réintégrée au niveau politique ainsi qu'à celui de la politique extérieure.

Le faible écho public de l'élection de Manuel Sager montre que cette stratégie s'est défaite, au moins en partie. Il se pose à présent la question de savoir dans quelle mesure ce processus doit être prolongé. Personne ne trouvera rien à redire si les objectifs de politique de développement sont poursuivis dans le cadre d'une politique extérieure cohérente et bien sûr d'une politique économique extérieure également. Mais si la politique de développement suisse devait être totalement transformée en un instrument - guidé par les intérêts - ayant essentiellement pour buts la politique intérieure (politique de l'immigration) ou la politique économique, alors le monde politique devrait y mettre un terme.

Martin Leschhorn Strebel Réseau Medicus Mundi Suisse

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