Nouvelle tutelle politique pour la coopération au développement

La nouvelle année a donné à la Suisse un nouveau ministre des Affaires étrangères et, par voie de conséquence, un nouveau responsable de la coopération publique au développement. Il s’agit là d’un changement non seulement de personnel, mais aussi de parti, puisque la fonction est transférée des socialistes aux libéraux-radicaux.

Cette mutation a en quelque sorte son précédent dans un pays voisin du nôtre – mais un précédent plutôt de mauvais augure: à l’issue des dernières élections au Bundestag allemand, le Ministère fédéral de la coopération économique et du développement (Bundesministerium für wirtschaftliche Zusam-menarbeit und Entwicklung, BMZ) est passé des mains de la socialiste Wieczorek-Zeul à celles du libéral Niebel. Lequel a entrepris de réorienter la coopération allemande au développement, après avoir prôné durant sa campagne électorale la suppression pure et simple du BMZ. Son principal cre-do, que les organisations de politique du développement ne cessent de dénoncer: la coopération au développement doit servir avant tout l’économie allemande.

Didier Burkhalter est lui aussi un libéral, mais il a grandi dans un autre environnement politique. En Suisse romande, la pensée libérale est un peu différente; elle est plus étatiste et plus ouverte sur le monde. En outre, le fait que Burkhalter ait été jusqu’à récemment ministre de la Santé pourrait être un avantage de poids pour la coopération au développement. A cette fonction, il a sans nul doute pris conscience de la dimension mondiale des questions de santé. Cela nous autorise à aborder tout à fait positivement la nouvelle année dans l’optique des prochains messages de politique développementale et de leur mise en œuvre.

Martin Leschhorn Strebel Membre de la direction

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