La santé en tant que composante d'une politique étrangère suisse solidaire et cosmopolite

La portée internationale de l'année de présidence de l'OSCE a voilé la politique étrangère sanitaire. Mais la Suisse évolue ici aussi – et si elle prépare bien le terrain, elle pourrait autant consolider sa position au niveau international.

L'année dernière, la présidence de l'OCSE et la gestion du conflit dans l'Est de Ukraine ont mis particulièrement à rude épreuve la politique étrangère suisse – et elle a maîtrisé ces défis avec succès. Une politique étrangère active, solidaire et cosmopolite renforce la position de la Suisse sur le plan international. La portée internationale de l'année de présidence a voilé la politique étrangère sanitaire. Mais la Suisse évolue ici aussi – et si elle prépare bien le terrain, elle pourrait autant consolider sa position au niveau international.

Le 25 septembre 2014, le conseiller fédéral Didier Burkhalter revendiquait devant l'assemblée générale des Nations Unies l'objectif de mettre un terme à l'échelle mondiale - jusqu'en 2030 - au VIH/ sida en tant que maladie nuisible à la santé internationale. Les paroles ont été suivies d'actes: à l'avenir, la Suisse va s'engager davantage dans le Conseil d'administration de l'ONUSIDA et pourrait dès 2016 assumer la présidence dans cette organisation centrale de la santé globale. Depuis un an déjà, la Suisse s'engage davantage financièrement dans le Fonds mondial de lutte contre le VIH/sida, le paludisme et la tuberculose.

Telles sont les principales revendications de la Suisse – et elles reposent sur la stratégie de politique de développement courante du Conseil fédéral qui tient compte pour la première fois de l'importance de la santé en l'ayant définie comme l'un des six thèmes globaux. L'épidémie d'Ebola a mis en évidence à quel point cette décision en faveur de la politique sanitaire globale était importante.

Est-ce qu'il y un fondement solide

Le "train" de la santé globale a été donc mis sur les rails et les premiers jalons sont fixés – mais est-ce que le tracé va être observé? L'engagement de la politique sanitaire suisse dans le cadre international doit disposer d'un fondement solide qui suit le principe du droit humain à la santé dans tous les domaines politiques. La Suisse peut continuer à consolider son profil en renforçant l'OMS à discerner également les intérêts des populations les plus démunies vis-à-vis de systèmes de santé qualitativement solides qui peuvent exister en cas de crises comme lors de l'épidémie d'Ebola. Cela constituerait une politique extérieure solidaire vécue et ouverte sur le monde au moyen de laquelle la Suisse pourrait aussi à l'avenir se démarquer.

Martin Leschhorn Strebel
Réseau Medicus Mundi Suisse

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