Nouvelles du 17 février 2009

Cela paraît évident: la santé internationale est une thématique qui doit bénéficier d’un ancrage stratégique dans la politique extérieure. Les maladies ignorent les frontières et l’appui aux pays à faibles ressources financières pour le développement de leurs services de santé constitue une manière efficace de combattre la pauvreté. La mise en place d’une politique extérieure cohérente en matière de santé s’inscrit donc dans une politique de défense des intérêts nationaux. Et la politique extérieure suisse ne devrait pas y échapper.

Or, la politique extérieure en matière de santé n’est guère évoquée dans les débats publics en Suisse. Le sujet est pourtant pris très au sérieux hors de nos frontières. L’importance de la santé internationale est reconnue notamment par la Chatham House, un institut britannique renommé de politique internationale, qui s’est doté tout récemment d’un centre d’étude sur la santé mondiale et la politique étrangère. Mieux encore: le 30 septembre 2008, le gouvernement britannique a adopté un document stratégique de politique extérieure convaincant, intitulé «Health is Global».

Bien sûr, les stratégies ne valent que par la manière dont elles sont mises en œuvre. Depuis 2007, la Suisse dispose elle aussi d’un document de fond sur cette thématique (Politique extérieure suisse en matière de santé: Convention d’objectifs pour la politique extérieure en matière de santé). Il aidera certainement à l’amélioration de la coordination entre les offices actifs dans ce domaine (OFSP, DFAE/DDC, Seco). Mais sans plus.

Même si la santé internationale est à l’ordre du jour dans les secteurs les plus divers de la politique extérieure tels que la politique des droits de l’homme, la politique de lutte contre la pauvreté ou la politique économique, je crains que cette thématique soit encore largement absente de la stratégie globale de politique extérieure.

Martin Leschhorn Strebel Membre de la direction

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