Nouveau débat sur les brevets?

Le gouvernement d'Afrique du Sud examine la possibilité de concevoir de manière moins restrictive la législation sur les brevets afin de faciliter la production de génériques. Ce projet déclenche – et cela est peu étonnant – des activités de la part du lobby pharmaceutique mondial. Un concept d'une agence de lobbying mettant en œuvre une méthode de réaction possible au projet est parvenu au grand public et a suscité l'indignation. Le ministre africain de la santé parle même d'un génocide que l'industrie pharmaceutique organiserait.

Des mots forts émanant du ministre de la santé, allant même au-delà du but recherché, pour décrire un processus politique qui nous connaissons tous et qui fonctionne toujours selon le même principe. L'industrie pharmaceutique donne une importance excessive au système de brevets qui assure à cette dernière des caisses bien remplies et des prix de médicaments élevés et se pose comme unique garant pour fabriquer des médicaments innovants. Les activistes de la santé dénoncent ce système comme étant une attaque aux soins médicaux – et ils invoquent comme argument la lenteur longtemps constatée pour mettre en œuvre les soins avec les médicaments antirétroviraux afin de lutter contre le VIH/sida dans les pays en voie de développement. Et cette résistance de l'industrie pharmaceutique a effectivement entraîné des millions de victimes.

Peut-être que le vrai motif de cette indignation réside dans concept du lobby pharmaceutique indiquant que des organisations non gouvernementales telles que Médecins sans Frontières, la Treatment Action Campaign (TAC) et la Section 27 doivent être «écartées». Ce projet est étonnant. Mais cela montre que le travail de ces organisations est de plus en plus perçu comme une force sociétale. Une force qui a réussi à prioriser le droit à la santé avant la liberté économique illimitée.

Martin Leschhorn Strebel Réseau Medicus Mundi Suisse

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