La coopération suisse au développement à la croisée des chemins?

Le directeur de la Direction du développement et de la coopération (DDC) devrait démissionner pour reprendre le poste d’ambassadeur suisse aux USA, selon le journal Neue Zürcher Zeitung (NZZ) du 24 octobre.

Le directeur actuel Martin Dahinden avait succédé dans cette fonction à Walter Fust, que les médias qualifiaient parfois de huitième conseiller fédéral. Une formule qui pointait la relative autonomie de la DDC, plus ou moins indépendante du Département des affaires étrangères. Avant l’entrée en fonction de Martin Dahinden, la pression sur la DDC était donc forte en particulier de la part des milieux de droite. Partisan d’une approche pragmatique, Martin Dahinden réussit cependant à désarmer les critiques. Et la DDC est aujourd’hui largement soutenue par le Parlement, notamment aussi grâce à une campagne de la société civile en faveur de l’augmentation des fonds alloués à l’aide au développement.

En plaçant Martin Dahinden à la tête de la DDC, l’ancienne conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey avait aussi lancé un processus de réforme censé rapprocher la DDC du Département des affaires étrangères (DFAE). Dans son article de la NZZ, le rédacteur Christoph Wehrli estime que cette tendance se renforcera: «Une nouvelle étape du processus de perte de pouvoir de la DDC semble s’annoncer, ceci dans le cadre d’une réorganisation du Département. Selon les informations provisoires qui nous sont parvenues, l’“intégration” des bureaux de la DDC et des ambassades annoncée par le conseiller fédéral Didier Burkhalter n’est qu’un volet de ce processus de centralisation des compétences. Certains craignent que la DDC soit considérablement affaiblie dans sa dotation financière et sa fonction d’avocate des intérêts de politique du développement. Une telle évolution se répercuterait également sur la fonction de directeur.»

Martin Leschhorn Strebel Réseau Medicus Mundi Suisse

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