La politique de santé suisse traduite au niveau international

On pourrait se relâcher maintenant : cette année, la Suisse a obtenu une nouvelle politique extérieure en matière de santé qui certes ne correspond pas à nos objectifs mais que l'on peut volontiers qualifier de progrès par rapport aux précédentes versions. Et le Parlement a adopté le message de politique du développement qui a nettement revalorisé la coopération pour la santé.

C'était donc une année faste pour la Suisse en termes de politique internationale de santé – mais une année morose pour la politique suisse même de la santé : au Parlement en effet, la loi sur la prévention a échoué en raison du frein à l'endettement – et le souverain enterra la protection pour les non fumeurs en la considérant comme atteinte à toutes les libertés.

Nous, les organisations, qui travaillons dans la coopération internationale pour la santé, pouvons être indifférents à ces décisions de politique intérieure mais nous ne le sommes pas. Le travail de prévention constitue, outre un environnement de vie sain, un accès au traitement et à la thérapie, un des piliers majeurs du droit à la santé. La prévention joue un rôle capital dans la coopération pour la santé internationale de nos organisations membres – son renforcement en Suisse nous aide également dans notre travail au niveau international. Il est important que les organisations suisses de santé se concentrent désormais davantage sur les facteurs à l'origine des maladies – nous pourrions ici apporter notre expérience émanant de la coopération au développement.

La manière dont s'est constitué le non à l'initiative de protection des non fumeurs est inquiétante. Les opposants travaillent au moyen d'un concept étrange de liberté qui n'arrivait pas faire la distinction entre la santé individuelle et la santé publique. Au niveau international, la coopération pour la santé compte sur l'amélioration de la santé publique dans les pays en voie de développement. En Suisse, il nous importe que les hommes et les femmes politiques comprennent où est la différence ici.

Dans sa nouvelle politique extérieure en matière de santé, le Conseil fédéral a formulé sa volonté de renforcer l'OMS. Le débat public relatif à l'initiative de protection des non fumeurs a prouvé que cela n'allait pas être une promenade de santé. Nombre de décideurs politiques ainsi que des parties de la population ne se rendent pas clairement compte de ce qu'est l'OMS et de son rôle. Pour consolider l'OMS, le Conseil fédéral doit être plus actif et montrer aux parlementaires notamment la signification de l'OMS pour la Suisse.

Martin Leschhorn Strebel Membre de la direction

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